Présidence française de l'Union
La France est membre du Conseil de l'Europe, un des membres fondateurs de l'Union européenne, de la zone Euro et de l'espace Schengen. Elle est également l'un des membres fondateurs de l'Organisation des Nations Unies et l'un des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU.
La Présidence du Conseil de l'Union Européenne est assurée par les états membres par rotation, pour des périodes de 6 mois chacune. Pendant ces 6 mois, la Présidence est « le visage et la voix de l'Union Européenne », ayant comme principale fonction la représentation des états membres.
Le bloc était déjà au milieu de la crise institutionnelle lorsque la France a pris la Présidence à la suitet de la Slovénie en juillet 2008.
En tant que leader de l'Union Européenne, la France n'a pas eu une tâche facile, au moins pendant les premiers mois, soumise à deux grandes pressions : le rejet du Traité de Lisbonne par l’Irlande et le mécontentement des Européens face aux récentes augmentations des prix des produits alimentaires et des carburants.
La Présidence française a dû relever de grands défis, non seulement au sein du bloc, mais encore au niveau international.
Par ailleurs, Paris était à la tête du bloc des 27 pays, obligé de trouver des solutions aux crises de la politique étrangère.
Les quatre priorités de la Présidence française de l'Union Européenne ont été les suivantes :
1. La question énergie-climat et la politique énergétique européenne
L'ambition de la PFUE (Présidence française de l'Union Européenne), selon les conclusions des Conseils Européens de mars et juin, était de parvenir à un accord sur la question climat / énergie avant la fin de l'année 2008 afin de renforcer le rôle de l'Union Européenne dans les négociations internationales concernant le climat, en vue de la Conférence de Copenhague (2009).
2. Les migrations
L'Europe est la première destination des migrants internationaux, étant donné que ces flux migratoires sont durables. Il est nécessaire de renforcer la cohérence des actions entreprises par les états membres et l'Union Européenne concernant l'asile, les politiques de réception, d'intégration, de lutte contre l'immigration clandestine et de co-développement.
3. La Politique Agricole Commune (PAC)
Une réflexion concernant l'avenir de l'agriculture européenne et de la politique commune est nécessaire pour établir certains principes d'action : la correction des déséquilibres alimentaires globaux, le développement durable, l'environnement, l'équilibre des territoires et la qualité des aliments.
4. La sécurité et la défense européenne
Sur la scène internationale, l'Europe n'a pas aujourd'hui les moyens lui permettant d'être l'acteur global qu'il devrait être. Dans la 2e moitié de l'année 2008 et conformément aux conclusions du Conseil Européen de décembre 2007, la stratégie européenne de sécurité, datant de 2003, c'est-à-dire fondée sur une Europe à 15 membres, devrait être mise à jour, notamment en ce qui concerne la sécurité alimentaire et énergétique.
Au début du mois d'août, dans le Caucase, des effusions de sang ont éclaté entre la Géorgie et la Russie. Le président français Nicolas Sarkozy a été le médiateur du cessez-le feu qui a duré cinq jours. Puis il a convoqué une réunion extraordinaire de tous les chefs d'état et de gouvernement du bloc, le 1er septembre.
Pendant cette réunion, les 27 états membres ont adopté une position commune envers la Russie, en décidant de reporter les négociations liées à un nouveau partenariat stratégique avec Moscou.
En automne, l'Europe a été touchée par la crise financière mondiale, sans précédent depuis 1929. La France a élaboré une stratégie européenne commune visant à restaurer le fonctionnement normal du secteur financier, dont les principes ont été exprimés lors du Sommet du Conseil de l'Europe de mi-octobre.
Nicolas Sarkozy a présidé un sommet informel à Bruxelles le 6 novembre, après quoi il a félicité le président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, qui a réussi à créer un consensus autour d'une position commune de l'Union Européenne deux semaines avant une réunion du G20 à Washington.
La France a également supervisé le lancement de la mission de justice et de police au Kosovo (EULEX) et l'opération navale Atalante contre la piraterie sur la côte somalienne qui a eu lieu en décembre.
Evaluant les six mois de présidence de l'Union Européenne, la France a déclaré qu'elle a également fait des progrès significatifs en termes de négociation d'adhésion de la Croatie et de la Turquie.
Une conférence des Ministères de la Justice et de l'Intérieur dans les Balkans, tenue à Zagreb au début du mois de novembre, a fourni l'occasion d'approfondir le dialogue sur les questions liées non seulement à la circulation aux frontières, mais encore à la coopération policière et judiciaire contre la criminalité organisée et contre le terrorisme.
A la fin de son mandat en tant que président de l'Union Européenne, Nicolas Sarkozy a remporté sept points sur dix pour « sa réactivité », « son engagement » dans la gestion de la crise financière et pour « son bilan positif » en matière de défense européenne et Politique Agricole Commune.